photoplan8Jean-Claude Juncker « Les évènements tragiques survenus récemment en Méditerranée nous ont montré que l’Europe doit mieux gérer les migrations, dans tous leurs aspects. Il s’agit avant tout d’un impératif humanitaire. Je suis convaincu que nous devons travailler en étroite collaboration, dans un esprit de solidarité. »

La tragédie des réfugiés, qui mettent leur vie en péril pour accéder au territoire européen a causé une onde de choc dans le monde entier. L’Union européenne ne peut se dérober de cet afflux et des nombreuses tragédies. Elle doit être ferme. Aucun pays ne doit rester seul face à de telles pressions. Il est nécessaire de partager l’effort et l’accueil. La Commission intensifie les efforts déployés pour sauver des vies humaines et donner de l’espoir. Mais surtout, elle veut s’attaquer aux racines du mal, aux causes qui ont entrainé ces situations, forçant les gens à s’enfuir à tout quitter dans l’espoir d’une vie meilleure.

Dans cette optique :

  • 1,7 milliard d’euros a été mis à disposition portant le budget total de l’UE consacré à la crise des réfugiés à 9,2 milliards d’euros en 2015 et 2016.
  • L’UE est le premier bailleur de fonds dans le cadre des efforts internationaux déployés pour répondre à la crise des réfugiés syriens. Environ 4 milliards d’euros ont été octroyés par la Commission européenne et les Etats membres pour venir en aide aux Syriens.
  • Les Etats-membres ont accepté de procéder à la relocalisation de 160 000 personnes ayant manifestement besoin d’une protection internationale, des Etats membres les plus touchés vers d’autres Etats membres de l’UE.
  • La présence de l’UE en mer a triplé. Plus de 122 000 vies ont pu être sauvées.
    • La lutte contre les passeurs et le démantèlement des organisations de traite des êtres humains s’intensifient.

Un récent sondage d’opinion montre que 73% des Européens sont en faveur d’une politique migratoire commune. L’immigration constitue même le problème le plus fréquemment cité dans 20 des 28 Etats membres. La crise a permis de montrer les limites structurelles de la politique migratoire de l’Union. Ainsi, la Commission a décidé d’une approche globale fondée sur trois piliers :

  • Réduire les incitations à la migration irrégulières.
  • Sauver des vies et assurer la sécurité des frontières extérieures.
  • Elaborer une nouvelle politique de migration légale.

Actualité en 2016 :

Les opérations conjointes Triton, Poséidon de Frontex et Sophia ont permis de sauver plus de 400 000 personnes en Méditerranée et dans la mer Égée en 2015-2016. La Commission a également démantelé des réseaux criminels de passeurs et travaille en mer Égée avec les autorités turques de l’OTAN.

Elle vient en aide à la population syrienne déplacée à l’intérieur du pays, ainsi qu’aux réfugiés syriens et à leur communauté d’accueil au Liban, en Jordanie et en Turquie. L’UE et les États membres ont promis plus de 3 milliards d’euros pour 2016, en plus des 6,8 milliards d’euros mobilisés depuis 2011 dans le cadre de la crise syrienne.

La Commission aide aussi les réfugiés syriens en Turquie à vivre dignement. 3 milliards d’euros ont été mobilisés pour 2016-2017 sur le budget de l’UE et des États membres.

Afin de renforcer les frontières extérieures, la Commission a proposé la création d’un corps européen de garde-frontières et de garde-côtes, qui a été établi en un temps record et dont les premières opération ont vu le jour en automne 2016.

La Commission a également apporté son soutien aux États membres qui ont été les plus touchés. Depuis le début 2015, la Grèce s’est vu accorder une aide d’urgence de plus de 353 millions d’euros, en plus des 509 millions d’euros déjà alloués dans le cadre des programme nationaux pour la période 2014-2020. L’Italie a reçu une aide d’urgence de plus de 23,5 millions d’euros depuis 2014, en plus des 592,6 millions d’euros pour la période 2014-2020.

Un nouvel instrument d’aide d’urgence doté de 700 millions d’euros pour la période 2016-2018 a été mis en place et avec en première priorité, la situation en Grèce.

La Commission souhaite réinstaller les demandeurs d’asile. A ce jour, plus de 13 000 personnes ont ainsi été relocalisées ou réinstallées depuis septembre 2015.

De plus, la Commission veut réformer le régime d’asile européen par des propositions visant à harmoniser les conditions d’asile dans l’ensemble de l’Union et fixer l’ensemble des éléments nécessaires à la mise en œuvre d’une politique commune à la fois plus humaine, plus juste, plus cohérente et plus efficace. Elle a formulé des propositions visant à mieux gérer la migration légale et à mettre en place un cadre de l’UE en matière de réinstallation. Elle a réformé le système de carte bleue européenne afin de le rendre plus attractif pour les ressortissants de pays tiers hautement qualifiés.

Enfin, la Commission lutte contre les causes profondes des migrations en coopérant avec ses partenaires régionaux. Elle a établi un fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, au titre duquel 1,9 milliard d’euros ont été puisés sur le budget de l’UE et le Fonds européen de développement afin de promouvoir le développement et la sécurité dans des régions stratégiques. Elle a proposé de nouveaux partenariats en matière de migration avec des pays clés, en commençant par le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et l’Éthiopie, ainsi qu’un plan d’investissement extérieur s’inspirant de l’expérience réussie du plan d’investissement pour l’Europe.