Manon Riffard est volontaire en service civique dans notre Centre Europe Direct. Citoyenne du monde et âgé seulement de 19 ans, elle a déjà beaucoup voyagé. Elle nous livre un bout de son histoire, de ses souvenirs.

1.     QUEL EST TON PARCOURS / POURQUOI UNE ENVIE DE MOBILITÉ ?

« Originaire des Pyrénées-Orientales, ma vie a été rythmée par différentes expériences qui m’ont ouverte au monde et à tout ce qui le compose. Les voyages, les concerts, le camping, le sport, la moto : autant d’univers différents qui ont encré en moi une âme de « baroudeuse ». Voilà pourquoi très vite, j’ai eu « envie d’ailleurs », et de tenter l’expérience seule. Après l’obtention de mon baccalauréat en 2015, je suis donc partie vivre au Pérou pendant 10 mois. Grâce à l’organisme qui m’encadrait, j’ai été logée dans 3 familles différentes afin de voir différents modes de vie au sein d’un même pays. J’étais scolarisée, d’abord en « lycée » puis à l’université, mais j’ai passé la plupart de mon année à voyager à la découverte des merveilles de cet extraordinaire pays. Mais c’est surtout par les expériences de volontariat et le projet humanitaire de construction de tours d’eau en Amazonie que je me suis révélée.

A mon retour, j’étais motivée à devenir une personne influente et changer le monde. Je me suis inscrite dans une prestigieuse université des Pays-Bas pour atteindre cet objectif et continuer d’évoluer dans cet univers international qui me passionnait.

Après quelques mois là-bas, j’ai réalisé que je privilégiais mes passions au péril de ma famille.

Je suis donc retournée vivre dans ma région d’origine, où j’effectue mon service civique en attendant de pouvoir reprendre mes études en septembre.

J’ai ainsi retrouvé un équilibre dans ma vie en vivant auprès de mes proches, tout en gardant ma passion du voyage et du volontariat pour mon temps libre et mes vacances. »

2.      QUELLE PRÉPARATION AS-TU RÉALISÉE ?

 « Avant mon départ pour le Pérou, je me suis renseignée sur les organismes qui permettaient ce genre d’expérience. Je voulais trouver un juste-milieu entre l’aventure totale et rassurer mes proches. Par un concours de circonstances, j’ai rencontré une personne qui était partie via le « Rotary Youth Exchange ». J’ai pris contact avec des personnes de l’association qui m’ont aidé administrativement à constituer mon dossier, à trouver un pays d’accueil et des familles sur place. De mon côté, j’ai aussi trouvé des familles pour accueillir le Péruvien qui est venu vivre en France dans le cadre de cet échange. Psychologiquement, tout s’est fait naturellement. Je suis quelqu’un de facilement convaincu et qui agis sans regret. Une fois les procédures lancées, je m’engage jusqu’au bout, même s’il est rassurant de savoir qu’il est toujours possible de faire machine arrière.

Pour ce qui est de mon inscription à l’université des Pays-Bas, ce fut facile. Internet nous permet de s’inscrire rapidement, sans frais et sans déplacements. Bien sûr, les procédures sont plus ou moins longues et les critères d’admission plus ou moins stricts. »

3.     COMMENT SE DÉROULAIT LA VIE QUOTIDIENNE  ?

« Je pense que partir avec le moins d’expectations possibles est la clé d’une expérience surprenante. Dans mon cas, je ne m’attendais à rien. Une fois sur place, je me suis laissé guider par les évènements, les rencontres et j’ai saisie chaque opportunité en prenant en compte le fait qu’elle ne se produirait qu’une seule fois. Chaque instant avait du sens. Pourtant, c’était loin d’être un long fleuve tranquille. J’étais parcourue par toutes les émotions, allant d’un bonheur immense au manque profond de mes proches. Quoi qu’il en soit je me sentais vivante, utile, grandie, et changée à jamais.

Vivre seule à l’étranger m’a donné le sentiment d’avoir une double vie. Une France où j’avais tout, et un ailleurs où j’avais tout… à prouver et à reconstruire !

De fait, j’étais bien plus dynamique qu’à mon habitude. Je participais activement à toutes les activités, forums, meeting, etc. Maintenant, même en étant rentrée, je ne me sens pas dans la routine du quotidien. Je m’implique dans les associations locales et je rencontre de nouvelles personnes régulièrement. Je m’aperçois que ce que j’idéalisais dans la vie à l’étranger existe partout ; il ne tient qu’à moi de recréer cette ambiance. »

4.     AVEC LE RECUL COMMENT QUALIFIERAIS-TU TES EXPÉRIENCES ?

« Enrichissantes sans hésiter et à tous les points de vue. J’ai le sentiment d’avoir atteint un point de non-retour dans ma philosophie de vie et que certains nuages qui m’embrumaient l’esprit ont disparu pour de bon. Les valeurs qui m’avaient été enseignées se sont amplifiées. Je ressens le besoin d’être actrice active, et non pas spectatrice passive comme je pouvais l’être. J’ai d’abord appris à me connaître, à connaître mes limites. Je me suis aperçue que ma réalité n’était pas celle des autres, et que c’était à moi de choisir ce que je voulais qu’elle soit. C’est une réelle histoire d’amour entre la vie et moi depuis.

Avec le recul, je ne pense pas que s’expatrier soit le seul moyen d’obtenir tous ces bénéfices, mais je suis consciente que d’avoir à « recréer sa vie » est une sorte de tremplin qui pousse au changement. Ce que j’en conclue aujourd’hui, c’est que le positivisme et le beau sont quasiment partout, libre à nous d’ouvrir les yeux pour les voir.»

5.     QUE VOUDRAIS-TU DIRE AUX JEUNES SUSCEPTIBLES DE S’ENGAGER ?

« De se lancer ! Il n’y a pas de règles quant à la préparation d’un projet comme celui de partir. Je suis convaincue qu’il existe une ou des expérience(s) extraordinaire(s) qui vous attend(ent) quelque part. Des centaines d’organismes sont près à vous encadrer plus ou moins, à financer le projet ou pas, à courte ou longue durée, pour faire de l’humanitaire, travailler ou juste visiter, etc. Vous pouvez aussi partir par vos propres moyens. Sentez-vous libre de faire ce qui vous correspond, restez motivés et gardez espoir.

Que ce soit pour maintenant ou plus tard, le monde à ses portes grandes ouvertes. »

Manon Riffard, 19 ans.