Demain mardi 17 janvier, les 751 députés européens devront choisir leur nouveau président suite au départ de l’allemand Martin Schulz.

Les favoris au scrutin sont les Italiens Antonio Tajani pour la droite (Parti Populaire Européen) et Gianni Pittela pour la gauche (Alliance des Socialistes et Démocrates) ainsi que le belge Guy Verhofstadt pour les libéraux (ALDE). Participent également, Eleonora Forenza pour la Gauche Unitaire Européenne, Jean Lambert pour les Verts, Helga Steven pour les Européens Conservateurs et Réformistes ainsi que Laurentiu Rebega pour l’Europe des Nations et des Libertés.

Photo AFP

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Un manque d’alliances et de débats :

Sur l’ensemble des candidats, aucun ne suscite l’enthousiasme général. Il se pourrait qu’on assiste à plusieurs tours en raison de la disparité des forces politiques et de l’absence de coalitions entre les groupes.

Cette impuissance reflète l’inexistence de rapprochements préalables et/ou compromis entre libéraux et eurosceptiques ou entre le PSOE et le PPE. En effet, depuis 1979, ces deux forces politiques étaient toujours parvenues à un accord pour se partager le pouvoir (sauf en 1999-2004). En 2014, le PPE avait soutenu le groupe socialiste pour la reconduction de Martin Schulz en échange de leur appui pour l’élection de 2017. La décision du PSOE,  méfiant de la concentration des présidences de droite au sein de l’Union européenne, de présenter une candidature par l’intermédiaire de Gianni Pittela change la donne. Guy Verhofstadt pour les libéraux a aussi pris la décision de se lancer seul en se posant comme « l’un des visionnaires », dont l’Europe, « menacée par des nationalistes et des populistes, a besoin en ces temps troublés ».

Enfin, des questions se posent sur les futurs pouvoirs du président et de sa légitimité. D’autant que le débat de fond est absent dans une campagne qui a tardé à démarrer.

Un risque de quatrième tour :

Les 751 élus du Parlement européen ont rendez-vous à 9 heures mardi matin pour le premier tour de l’élection, qui se fait à bulletin secret. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, ce premier vote éliminera les deux derniers candidats sur 5 présents.

Aux deuxième et troisième tours, il est possible que de nouveaux candidats émergent. Ce qui pourrait rallonger encore l’arbitrage. Un deuxième tour à 3, ou à cinq, n’aura bien sûr pas le même résultat.

Pour le quatrième tour, en revanche, le Parlement doit nécessairement se prononcer sur deux candidatures. Le Président est alors élu à la majorité simple. En cas d’égalité, le candidat le plus âgé est proclamé vainqueur.