5 points pour comprendre le déclenchement du Brexit

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Aujourd’hui 29 mars, le Royaume-Uni a déclenché l’article 50 du traité de Lisbonne. C’est le début de la fin dans sa relation avec l’Union européenne. Revenons en 5 points sur les enjeux actuels !

1. L’article 50 est déclenché !

L’article 50 dispose que « tout Etat membre peut décider de se retirer de l’Union » et doit notifier « son intention au Conseil européen ». Par la volonté du peuple britannique de se retirer le 23 juin dernier, Theresa May a adressé aujourd’hui une lettre au Président du Conseil européen, Donald Tusk.

L’article ajoute que le Royaume-Uni devra négocier « les modalités de son retrait en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union ».

Enfin, que « les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification sauf si le Conseil européen, en accord avec l’État membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai. »

Ainsi, nous entrons dans une période de négociation de deux ans dont à son terme et sans prorogation du délai les traités cesseront de s’appliquer. A la fois Theresa May et l’UE veulent négocier une rapide effective en avril 2019. Mais le défi semble colossal.

2. Le Royaume-Uni est divisé 

Le Royaume-Uni paraît profondément divisé. L’Irlande du Nord et l’Ecosse ont voté pour rester dans l’UE et cette dernière est déterminée à organiser un nouveau référendum sur son indépendance. Si le Parlement Ecossais a acté du vote futur, Theresa May préfère négocier le Brexit en bloc uni.

Quant aux 48 % qui ont voté pour rester dans l’UE, de nombreuses manifestations opèrent dans l’ensemble du pays. Rappelons que ce sont principalement les personnes âges et vivant en ruralité qui ont voté le Brexit. La fracture n’est pas qu’entre nation, elle est avant tout sociale.

3. Une Europe unie ? 

Pour Donald Tusk : « Paradoxalement, il y a aussi quelque chose de positif dans le Brexit » estimant que cela « nous avait rendus, nous la communauté des 27, plus déterminés et unis qu’auparavant ».

Il rédigera un papier d’orientation qui définira « les positions d’ensemble et les principes à la lumière desquels l’Union, représentée par la Commission européenne, négociera avec le Royaume-Uni ».

Le document ajoute que si les négociations n’aboutissaient pas, le Conseil s’assurera que « l’Union européenne soit préparée à une telle issue, même si ce n’est pas ce qu’elle souhaite ». Pour Michel Barnier, négociateur en chef de la Commission européenne du Brexit, ces lignes directrices « limiteront probablement le champ des futures négociations aux termes du divorce et ne concerneront pas l’avenir des relations commerciales avec le Royaume-Uni ».

Michel Barnier a rappelé que plus de quatre millions de citoyens européens au Royaume-Uni et d’expatriés britanniques dans l’UE seraient confrontés à l’incertitude concernant leur avenir. En effet, c’est le sort de millions de personnes et de familles entières  qui est en question. Ce n’est pas un jeu, ce sont des êtres humains qui pour les avoir écouté dans un dialogue citoyen sont préoccupés et anxieux sur leur avenir.

Michel Barnier  a également évoqué la réapparition de longues queues de camions aux postes douaniers de Douvres si le Royaume-Uni quittait l’UE sans accord sur le Brexit. N’oublions pas non plus l’apparition d’une frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. La libre circulation était un vecteur de paix important.

5. Quelle suite immédiate ? 

Les dirigeants européens veulent d’abord que le Royaume-Uni paye le divorce avec une facture de sortie de 60 milliards d’euros avant d’entamer la négociation d’un accord commercial.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk a convoqué un sommet européen pour le 29 avril. Michel Barnier ne devrait en revanche pas entamer de réelles discussions avec Londres avant mi-mai, ne laissant au Royaume-Uni qu’une courte période de temps pour élaborer un accord convenable avant son départ définitif en mars 2019.

Source : Libération 

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