Gouvernement Philippe -Un gouvernement Européen ! (1)

Hier, Alexis Kohler, le nouveau secrétaire général de l’Élisée a dévoilé la liste du gouvernement d’Édouard Philippe. Un gouvernement européen ? Parmi les ministres, des signaux très forts ont été envoyés à l’Europe et plus particulièrement à l’Allemagne. 

Il y a quelques jours, Emmanuel Macron avait déjà désigné comme conseiller diplomatique, l‘ambassadeur de France en Allemagne Philippe Etienne. Passé par Bruxelles et ancien directeur de cabinet de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay, il connait bien les rouages géopolitiques.

  • On peut noter en premier lieu la présence de cinq germanophones que sont Edouard Philippe, Brun Le Maire, Sylvie Goulard, Richard Ferrand et Jacques Mézard.
  • Jean-Yves Le Drian occupera le Ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Le président Macron souhaite « une nouvelle dynamique » notamment pour consolider le projet européen. Il s’appuiera sur Marielle de Sarnez, députée européenne depuis 1999, qui a été nommée ministre des affaires européennes.
  • Sylvie Goulard sera ministre des armées. Cette polyglotte (parlant allemand, anglais et italien) souhaite redonner confiance à l’Europe. Elle aura besoin de sa conviction et d’un travail coopératif avec Jean-Yves le Drian pour donner du corps à la défense européenne. Dans son idée, Paris s’occuperait des opérations militaires et l‘Allemagne des actions de développement. Sylvie Goulard revendique également un fort lien avec son homologue Wolfgang Schäuble, ministre de l’économie.
  • Sans oublier Bruno Le Maire, secrétaire d’État aux affaires européennes sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Maitrisant l’allemand et l’anglais, il aura à coeur de s’allier avec l’Allemagne.

Il nous semble de fait déceler une orientation, voire une détermination à vouloir faire passer la politique étrangère de la France par l’Europe. Emmanuel Macron veut réformer l’Europe et il sait bien qu’il ne pourra pas le faire sans l’appui de l’Allemagne. Le couple franco-allemand sera donc au cœur de son action.

La chancelière Angela Merkel s’est même dite ouverte à l’idée d’un changement des traités  « Du point de vue allemand, il est possible de changer les traités si cela fait sens ».