Les finalistes du Prix Sakharov 2016 ont été annoncés récemment et la décision finale se tiendra le 27 octobre. Mais qu’est-ce que ce prix ?

 

Le Prix Sakharov : honorer les défenseurs des droits de l’Homme  :

Le Prix Sakharov est un hommage au scientifique Andrei Sakharov (1921-1989), un des inventeurs de la bombe à hydrogène soviétique. Considéré comme un dissident, il fut assigné à résidence. Plus tard, il créa un comité de défense des droits de l’homme et des victimes des procès politiques. Il recevra à ce titre le Prix Nobel en 1980 pour récompenser ses efforts.

Quelques années plus tard, en 1988, le Parlement européen décida de créer le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit et honoré des personnalités collectives ou individuelles qui s’efforcent de défendre les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Un groupe politique ou 40 députés peuvent proposer des noms. Les commissions parlementaires des affaires étrangères et du développement votent pour les trois finalistes. Enfin, la conférence des Présidents sélectionne le ou les lauréats. Des personnes comme Malala Yousafzai (Pakistan), Kofi Annan (Ghana) ou Alexandre Milinkevitch (Biélorussie) se sont vu attribués le prix.

L’année dernière, le blogueur saoudien Raif Badawi a été honoré. Arrêté en 2012, il a été condamné à 10 ans de prison, à 1000 coups de fouet et à une lourde amende pour avoir insulté les valeurs de l’Islam sur son site.

Cette année, trois finalistes ont été choisis :

Can Dündar pour la défense de la liberté de pensée et d’expression en Turquie :

L’ancien rédacteur en chef du quotidien turc Cumhuriyet Can Dündar a été arrêté en novembre 2015 après la publication par son journal d’images montrant les services de renseignement turcs fournissant des armes de contrebande aux rebelles syriens. Can Dündar a été condamné à cinq ans et dix mois de prison pour « divulgation de secrets d’État ». Il a survécu à une tentative d’assassinat et vit aujourd’hui en exil.
Moustafa Djemilev pour les droits des minorités Tatars de Crimée :
Ancien Président de l’Assemblée des Tatars de Crimée, ancien dissident soviétique et député ukrainien, il est déporté avec sa famille à l’âge de six mois en Asie centrale. Comme beaucoup d’autres Tatars de Crimée, il ne pourra rentrer chez lui que 45 ans plus tard. Suite à l’annexion de la Crimée par la Russie, il est à nouveau interdit de territoire.
Nadia Murad Basee et Lamiya Aji Bashar pour la défense de la communauté yézidie :
Originaires de Kocho, un village irakien massacré par Daesh au cours de l’été 2014, elles font partie des milliers de jeunes filles et de jeunes femmes ayant été enlevées et forcées à l’esclavage sexuel.
Prochaines étapes :
La conférence des Présidents annoncera le ou les lauréats le 27 octobre prochain. La cérémonie de remise du Prix aura ensuite lieu le 14 décembre à Strasbourg.

 Palmares récent :

  • 2015 : Raif Badawi (Arabie saoudite)
  • 2014 : Denis Mukwege (République démocratique du Congo)
  • 2013 : Malala Yousafzai (Pakistan)
  • 2012 : Jafar Panahi et Nasrin Sotoudeh (Iran)
  • 2011 : Activistes du Printemps arabe : Mohamed Bouazizi (Tunisie, posthume), Asmaa Mahfouz (Egypte), Ahmed al-Sanusi (Libye), Razan Zeitouneh et Ali Farzat (Tunisie)
  • 2010 : Guillermo Fariñas (Cuba)
  • 2009 : Association Memorial : Oleg Orlov, Serguei Kovalev et Lioudmila Alexeieva (Russie)
  • 2008 : Hu Jia (Chine)
  • 2007 : Salih Mahmoud Osman (Soudan)
  • 2006 : Alexandre Milinkevitch (Biélorussie)
  • 2005 : Mouvement Dames en blanc (Cuba), Hauwa Ibrahim (Nigeria) et Reporters sans frontières (France)
  • 2004 : Zhanna Litvina (Biélorussie)
  • 2003 : Kofi Annan (Ghana) et les Nations Unies
  • 2002 : Oswaldo José Paya Sardiñas (Cuba)
  • 2001 : Izzat Ghazzawi (Palestine), Nurit Peled-Elhanan (Israël) et Dom Zacarias Kamwenho (Angola)
  • 2000 : Initiative ¡Basta Ya! (Espagne)