RapportAndrieuLe rapport Andrieu (de l’eurodéputé Eric Andrieu) adopté le jeudi 27 octobre au Parlement Européen plaide pour une réforme de la politique agricole commun (PAC) en vue d’une amélioration de la création d’emplois dans les zones rurales.

L’eurodéputé s’est félicité de cette majorité acquise et « montre qu’un virage va peut-être enfin s’opérer autour de la PAC, et qu’un nouveau modèle agricole est possible. »  Il ajoute que « la PAC actuelle ne satisfait ni les agriculteurs, ni les organisations environnementales, ni les citoyens qui sont également contribuables. Elle peut et doit être réformée ! »

Rappel historique

Après la tragédie de la seconde guerre mondiale, les prix mondiaux des céréales sont élevés et les pénuries se succèdent. La création de la  PAC en 1962 répond ainsi à des objectifs d’accroissement de la productivité agricole, de stabilisation des marchés et de sécurité des approvisionnements. A ses débuts, La PAC connaît une incontestable réussite sur ces domaines. Mais la production dépasse rapidement la consommation. En 1992, une réforme poursuit l’objectif de résorber durablement la surproduction et les dépenses de la PAC. Elle s’attaque alors directement au système des prix garantis : ceux-ci subissent une forte baisse, les producteurs recevant en contrepartie des aides directes sous forme de primes à l’hectare ou à l’animal. Une partie de leur exploitation doit être mise en jachère obligatoire.

Pour un nouveau contrat social entre les agriculteurs et les citoyens

Selon Eric Andrieu, la PAC s’est ainsi ouverte au fil des années vers les marchés à l’exportation des modèles d’exploitations intensives, au détriment de structures familiales qui sont « pourtant plus performantes en termes d’emploi et plus résilientes ». Il rappelle également que  « toutes les réformes de la PAC engagées depuis les années 90 ont laissé le libre cours au seul marché, dévastateur pour les agriculteurs, l’emploi, l’économie des territoires et dangereux pour notre sécurité alimentaire. »

Le rapport recommande une « reterritorialisation » de l’agriculture organisée autour de circuits courts et d’une économie circulaire. Il demande enfin aux États membres de mettre en œuvre une stratégie globale de renouvellement des générations, en soutenant fortement les jeunes agriculteurs. La philosophie de ce rapport est ainsi de bâtir « un nouveau contrat social entre les agriculteurs et les citoyens et de faire de la PAC un véritable instrument au service de l’emploi, tout en garantissant une alimentation saine et accessible au plus grand nombre ».

Enfin, Eric Andrieu se pose contre la renationalisation de la politique agricole, néfaste à l’avenir du projet européen dans son ensemble. S’adressant à ses collègues Français, il évoque que « Le démantèlement du marché intérieur aura un coût énorme pour l’agriculture française qui se retrouvera vite cantonnée dans ses frontières, sans débouchés pour ses filières. Seule, la France ne pèsera plus rien à l’OMC face aux géants que sont les États-Unis, la Russie, la Chine, au encore le Brésil ! »

Source:

Eric Andrieu

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